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Publié : 11 septembre 2009
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Aguirre la colère de Dieu

Synopsis

A la suite de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb en 1492, les Espagnols y multiplient les expéditions dans le but d’explorer ce ‘Nouveau monde’ pour pouvoir mieux tirer profit de ses richesses. Le film suit l’une d’entre elles menée par Francisco Pizarro. Datée de la fin de l’année 1560 comme nous l’apprend le journal du moine Gaspar de Carvajal chargé de convertir les Indiens d’Amérique du sud lors de cette mission, l’expédition a en vue la découverte du mythique Eldorado, pays fabuleux d’Amérique, riche en or, et que les conquistadors plaçaient entre les fleuves Amazone et Orénoque. Mais loin d’être unie pour faire face aux dangers qui la menacent – les indigènes, la fatigue, la faim, la soif et autres fièvres –, l’expédition se fissure rapidement, en proie à des rivalités internes dont le meneur principal est un certain Aguirre (Klaus Kinski). S’il ne prend pas lui-même la tête de l’expédition après s’être débarrassé des hommes qui le gênaient, il fait nommer par intimidation des soldats un empereur fantoche de l’Eldorado, ‘empereur’ dont il se joue comme d’un pantin. Et le film de s’installer, à l’image du fleuve que descend le radeau, dans une certaine torpeur jusqu’au dénouement final.

A savoir

- réalisateur

  • qui ? Werner Herzog, réalisateur allemand né en 1942, fut l’un des chefs de file du cinéma allemand ;
  • ses autres films ? la plupart datent des années 1970-1980 et ont K. Kinski comme acteur principal, tels « Woysek » (1978), « Nosferatu, fantôme de la nuit » (1979), « Fitzcarraldo » (1982), « Le pays où rêvent les fourmis vertes » (1984)…

- année de réalisation : 1972

- interprète principal : Klaus Kinski, acteur polonais (1926-1991) tel le Yin et le Yang, Kinski et Herzog se complètent, le réalisateur voyant dans l’acteur hystérique et possédé l’une de ces visions qui peuplent son cinéma, un comédien capable d’incarner ses démesures les plus impressionnantes, une manière aussi de réaliser de façon éclatante sa propre folie douce ; en-dehors des films d’Herzog dont il fut l’acteur fétiche, Klaus Kinski a végété dans de nombreuses épopées guerrières ou de westerns spaghetti de séries B, et sa fille, Nastasia Kinski, a fini par lui voler la vedette.

A creuser (pistes de réflexion) :

- l’impression d’authenticité donnée par le film ;
- le sort des Indiens d’Amérique – Indiens qu’il faut convertir à « la vraie religion », d’où la présence du moine dans l’expédition –, Indiens dominés par les conquistadors : leur oppres-sion, leur asservissement ;
- la cupidité humaine qui touche tous les membres de l’expédition, y compris le ministre de Dieu que l’on sent très tenté par la promesse qui lui est faite d’une croix en or sertie de pierres précieuses en remplacement de son ancienne croix en argent ;
- la folie, le rêve de gloire et de puissance incarnés par Aguirre ;
- la nature comme personnage à part entière (cf. la beauté des paysages) ; à noter que, pour satisfaire le perfectionnisme d’Herzog, l’équipe du film a pris d’énormes risques au Pérou, lieu du tournage, dans des rapides très dangereux.