Publié : 6 février 2014
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UNE VIE MENACÉE

Genre : Nouvelle à chute

Je me trouvais dans un de ces grands hangars, un petit peu hors de la ville, du genre où il fait toujours un peu trop froid. Mais il fallait bien faire des économies. Comme à mon habitude, je m’étais mise dans un coin.

Soudain une des portes d’entrées claqua, la jeune fille apparut, elle semblait avoir très peur. J’essayais de me faire la plus discrète possible. Elle était poursuivie par une bande de trois individus extrêmement effrayants. Les trois hommes possédaient le même tatouage étrange sur leur crâne rasé, débordant légèrement sur leur visage. Tous également étaient affublés d’un anneau dans le nez. De loin, je leur donnais au moins un mètre quatre-vingt-dix. La jeune fille, elle, ne devait pas dépasser un mètre soixante-dix. Ils se trouvaient encore loin, pourtant ils se rapprochaient dangereusement dans sa direction. Ils n’étaient plus qu’à dix mètres d’elle et semblaient effectivement géants en comparaison.

Je l’entendis de sa voix fébrile, presque terrorisée, entamer la discussion.
- Que me voulez-vous ? 
- Oh tu le sais déjà, mais tu n’as encore aucune idée de ce dans quoi tu t’es fourrée, tu as tué l’un des nôtres et maintenant tu vas le regretter. 
Ils me paraissaient bien sûrs d’eux, il valait mieux ne pas les défier, me dis-je en mon for intérieur.
- Oui, répondit-elle, je l’ai tué, mais il ne m’avait pas laissé le choix. C’était de la légitime défense. Maintenant je sais tout sur vous, sur votre secte, le tatouage que vous portez et sa signification. Sachez que j’ai déjà transmis mon article à mon journal et que vous ne pourrez pas empêcher la divulgation de vos secrets. 

Mais sa réplique ne sembla pas les convaincre. Ces individus appartenaient à une race de chasseurs, des tueurs, assoiffés de sang. Elle se mit à courir, à une vitesse assez incroyable malgré sa petite taille. Elle avait dû être une athlète auparavant.
Cours autant que tu peux, nous finirons bien par te rattraper ! lui lança le chef de la bande.

Je voyais bien qu’elle cherchait partout une issue. Elle tourna la tête dans toutes les directions, y compris vers moi, mais sans paraître me voir ! Finalement elle s’aperçut que deux des fenêtres étaient légèrement entre-ouvertes et qu’elle pouvait très bien essayer de s’y faufiler. Elle se dirigea vers la plus proche, mais malheureusement deux des membres de la secte avaient deviné son intention et lui bloquèrent le passage. Il y avait l’autre fenêtre, elle s’y précipita. Mais elle courut si rapidement qu’elle n’aperçut pas la caisse en bois en plein milieu de son chemin. Elle tomba lourdement par terre, se faisant apparemment très mal à l’épaule. Mais elle n’était pas décidée à baisser les bras car elle se redressa aussi vite qu’elle le put.

Cependant, elle était à peine debout que le chef de la secte lui fit face, bientôt rejoint par ses deux sbires.
- Alors comme on se retrouve, chère demoiselle, qu’est-ce que je t’avais dit, tu ne peux pas nous échapper, ta fin est proche. 
Et sans qu’elle puisse répliquer quoi que ce soit l’un d’entre eux la saisit ! Elle eut tout juste le temps de lâcher ces quelques mots :
- Au secours, s’il y a quelqu’un, aidez-moi, je vous en supplie ! 

Bien évidemment, je restais dans mon coin, bien trop effrayée à l’idée d’y aller.

Le chef des tatoués commença à l’étrangler. Elle avait de plus en plus de mal à respirer, mais elle parvint à le repousser en lui donnant un violent coup de pied dans le torse. Puis elle lança sa tête vers l’arrière et éclata le nez de celui qui la tenait par les bras. Elle reprit sa course, mais, affaiblie, elle était désormais moins rapide et les deux hommes restants n’eurent aucun mal à la rattraper. Ils se déchaînèrent sur elle, elle reçut des tas de coups violents, bientôt un filet de sang coula de sa bouche.

C’est alors qu’un bruit venant de l’extérieur se fit entendre. Un camion venait de s’arrêter devant le hangar. Elle mobilisa ses dernières forces et cria :
- Au secours !
- Ah, ah, ah, ça ne sert à rien de crier, ce sont mes hommes, maintenant je vais en finir, annonça le chef sur un ton moqueur. La tension était extrême. Il sortit un énorme couteau de boucher et la jeune fille perdit connaissance.
Je contemplais la scène d’un air satisfait, elle s’était vraiment bien débrouillée...

- Coupez, super cette prise ! Encore quelques années et t’es bonne pour les oscars ! m’exclamai-je, en refermant le clap de fin.