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Publié : 14 janvier 2012
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Analyse de la sculpture de Paul GAUGUIN, L’idole à la coquille (1892)

Gauguin s’embarque pour la Polynésie en 1891. Il ne rentrera qu’une seule fois en France, et mourra aux îles Marquises en 1903.

Peintre et sculpteur, il confie en 1900 ses œuvres tridimensionnelles, ses "bibelots sauvages" à son ami le peintre Daniel de Monfreid, son correspondant en France. Il lui confie : "A propos de sculptures, je voudrais que l’oeuvre très minime en somme, ne soit pas disséminée et n’aille chez des gens qui ne l’aimeraient pas ; et cela me ferait grand plaisir si vous acceptiez -ce n’est pas un cadeau mais un gage d’amitié- toute la sculpture en bois de Tahiti". Ainsi, en 1901 arrive dans les Pyrénées orientales la caisse des sculptures de Gauguin. Matisse les contemple en 1903. Exposées au Salon d’Automne de 1906, elles diffusent leur énergie auprès de jeunes artistes assoiffés de nouveauté.

L’Idole à la coquille met en scène un dieu, assis en lotus, la bouche garnie de dents de "cannibale" (faites d’une dent pharyngienne -relative au pharynx, à l’arrière-gorge- de poisson perroquet) et aux jambes tatouées. Le pectoral et la ceinture sont rapportés en nacre. Sur les côtés, deux personnages se répètent à droite et à gauche. Les bras se terminent par des doigts aplatis en râteau, tandis que les jambes mi-pliées suggèrent les mouvements sensuels de la danse tamuré (le tamure est l’une des danses traditionnelles de Tahiti en Polynésie Française. Il s’agit d’une danse à deux temps que l’on exécute face à face, sur des airs hawaiiens).
Les oreilles, pareilles à deux hameçons opposés, sont issues du décor maori. Des têtes de tikis (divinités secondaires marquant les limites du lieu sacré), aux crânes plats, garnissent la base du pavois.

Avec la sculpture, technique qu’il ne connaît pas, Gauguin (qui se qualifie de "sauvage du Pérou") semble aller plus loin encore dans ce "malgré moi de sauvage" que dans sa peinture.

Wilfrid Deveusère & Barthélémy Monchy